Lettre de liaison n°19 - Juillet 2022

Chers camarades, Madame, Monsieur,

 

Après une actualité largement consacrée en 2021 aux évolutions de la pandémie mondiale du COVID et à ses conséquences sur notre vie quotidienne, le début de l’année 2022 nous a également apporté son lot d’incertitudes. En effet, après le conflit en ex-Yougoslavie et au Kossovo dans les années 90, la guerre est à nouveau présente aux portes de l’Europe depuis la fin du mois de février. Le spectacle de désolation inhérent à toute guerre et le sort des populations ne peuvent nous laisser insensibles et indifférents. De plus, les répercussions du conflit en Ukraine sur les économies des pays européens et le risque d’une grave crise alimentaire en Afrique et au Moyen-Orient commencent déjà à se faire sentir et vont probablement s’amplifier. Quelques mesures de restrictions devront sans doute être envisagées en attendant que la diplomatie succède aux armes. Espérons que les jeunes générations sauront s’inspirer de l’exemple de leurs anciens qui ont été confrontés dans leur jeunesse à des événements autrement plus dramatiques et qui ont su faire preuve de solidarité en privilégiant le bien commun au désir individuel. 

Nous sortons d’une longue parenthèse pendant laquelle, pour cause de campagne électorale présidentielle puis législative, les annonces ont pris le pas sur les réalisations. Dans les prochaines semaines, le gouvernement devrait présenter un projet de loi visant à améliorer le pouvoir d’achat de nos concitoyens. Parmi les mesures annoncées, la revalorisation des pensions de retraite et d’invalidité avec leur indexation sur l’inflation. Aussi, avons-nous espoir d’une augmentation de la valeur du point de pension militaire d’invalidité à effet au 01 juillet. Malgré la période estivale, les associations du monde combattant, et particulièrement le Comité d’Entente des Grands Invalides de Guerre, vont se montrer vigilantes sur ce dossier.


Lorsque nous sommes prévenus du décès d’un camarade marié, la Fondation, après étude par le bureau des pièces justificatives, verse une allocation décès à son épouse. Cette allocation est destinée à l’aider à faire face à ses dépenses en attendant le versement de sa pension de conjoint survivant. Le délai de traitement de son dossier par le Service des Pensions et des Risques Professionnels de La Rochelle (SPRP) est actuellement d’environ 3 mois. Dans sa séance du 17 mai, le conseil d’administration a décidé d’augmenter l’allocation décès de  
1 000 € en portant son montant à 2 500 €. Pour répondre à de fréquentes interrogations de camarades, vous trouverez dans cette lettre un rappel concernant le calcul de la pension de conjoint survivant.

La réunion des Retrouvailles, annulée en 2020 et 2021, a pu se tenir à Lyon début juin. Ce fut, pour tous les participants, l’occasion de renouer des liens interrompus du fait des périodes de confinement.

Au moment où vous prendrez connaissance de cette lettre, nous serons entrés dans la période estivale. Les mois d’été sont souvent propices aux rencontres familiales ou amicales mais, paradoxalement, peuvent être également cause d’isolement. Aussi, j’invite celles et ceux qui en ressentiraient le besoin de ne pas hésiter à contacter par téléphone le secrétariat de la Fondation. Même pendant sa fermeture durant les 3 premières semaines du mois d’août, nous pourrons prendre connaissance des messages déposés sur le répondeur

En espérant de bonnes nouvelles à vous annoncer à la rentrée concernant une significative revalorisation du montant des pensions d’invalidité et de conjoint survivant, je vous souhaite un bel été. Bien cordialement.

Pierre Tricot

IN MEMORIAM

Mme Monique DUBARRY, veuve de notre camarade Serge, le 4 décembre 2021, à l’âge de 88 ans et son petit-fils Alexandre le 1er novembre 2021, à l’âge de 37 ans.

Mme Alice SPAETH, guide de M. LITZENBURGER et secrétaire de la section Alsace-Moselle de l’UAG, le 24 janvier 2022, à l’âge de 94 ans.

Mme Raymonde SURCOUF, veuve de notre camarade Daniel, le 09 juin 2022, à l’âge de 72 ans.

ETAT CIVIL

Naissances :

MAËL, 1er arrière-petit-fils de Mme veuve Jacqueline MATHIEU, le 20 janvier 2022.

OCTAVE, petit-fils de M. Pierre TRICOT et Madame, le 19 février 2022.

ADELE, 4ème arrière-petite-fille de Madame veuve Rolande OTT, le 11 juin 2022.

Mariage :

Etienne, fils de Pierre et Caroline TRICOT, avec Melle Marguerite Marie de LOYNES, le 28 mai 2022.

 

Retrouvailles Lyon 2022

Reportée en 2020 et en 2021 pour cause de contraintes sanitaires, la réunion des Retrouvailles des aveugles de guerre, des veuves et de leurs amis a pu se dérouler dans d’excellentes conditions du 8 au 10 juin à Lyon.

Une trentaine de participants, dont 10 aveugles de guerre et 3 veuves, étaient présents dans la capitale des Gaules. Nous aurions pu être plus nombreux mais, malheureusement, plusieurs d’entre vous ont dû, à contre cœur, renoncer pour des raisons de santé.  Certains ont même dû annuler leur participation au dernier moment par suite d’un test positif au COVID !

Après l’arrivée des premiers participants dans l’après-midi du mercredi, le dîner a été l’occasion pour les « habitués » de faire la connaissance d’Emmanuel GEMPP, médecin militaire blessé au Mali en 2018, et de son épouse Carine qui assistaient pour la première fois à la réunion des Retrouvailles.

La journée du jeudi 9 fut consacrée à la visite touristique préparée par Pierre TRICOT avec le soutien efficace de Danielle Nicolas, secrétaire de la Fondation. Première étape, la visite en car du centre-ville commentée par une guide conférencière. Un arrêt en haut de la colline de Fourvière a permis de découvrir visuellement et oralement le panorama sur la citée. La présence d’une maquette en relief a complété les descriptions de notre guide. Abrités d’un petit crachin pendant notre déambulation dans la basilique Notre Dame de Fourvière, nous avons repris notre circuit touristique vers les quais de Saône sous un beau soleil.

Nous avons ensuite embarqué à midi pour le déjeuner croisière sur la Saône, dans un premier temps vers le nord, puis descente vers la confluence avec le Rhône avant un retour à 15h00 à l’embarcadère. Cette navigation a constitué un moment très agréable et apprécié de tous.

Le groupe des participants devant le bateau croisière

 

L’après-midi, déplacement vers la Croix-Rousse, l’autre colline de Lyon, pour aller à la rencontre des canuts à travers la découverte d’un atelier de tissage de la soie et un autre consacré à l’art de la passementerie. La description des lieux parfaitement conservés, les explications et les démonstrations du fonctionnement des métiers à tisser ont rendu cette visite particulièrement intéressante pour l’ensemble du groupe. Dernière étape de la journée, le dîner au restaurant de l’hôtel au cours duquel furent servies de succulentes quenelles de brochet, une des spécialités lyonnaises.

Atelier de tissage

 

Atelier de passementerie

 

Le vendredi matin, ceux qui le souhaitaient se sont retrouvés en l’église de l’Immaculée Conception pour assister à une messe célébrée en mémoire des aveugles de guerre et des épouses décédés. L’office a été célébré par le père Jacques Fournier, aumônier militaire de l’École de Santé de Lyon-Bron à qui nous renouvelons nos sincères remerciements. C’est toujours dans une ambiance chaleureuse que s’est déroulé le déjeuner des Retrouvailles. Au moment du dessert, notre camarade André JOUDRAIN qui soufflera en septembre ses 99 bougies, a cette année encore impressionné toute l’assistance par la récitation de longues poésies. Le repas s’est conclu avec la reprise en chœur à la suite d’André du chant de la Madelon.

Monsieur JOUDRAIN, doyen des aveugles de guerre

 

Au moment de se séparer, chacun a exprimé sa satisfaction d’avoir pu à nouveau se retrouver et manifester son souhait de pouvoir reconduire cette rencontre l’année prochaine. Reste à définir le lieu et la date en espérant que les circonstances nous laissent l’opportunité d’être encore plus nombreux.

Rappel sur la pension de conjoint survivant d’un aveugle de guerre

Généralités :

La pension de conjoint survivant est versée au titre du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre (CPMI-VG) à tout conjoint ou partenaire d’un aveugle de guerre pouvant justifier d’au moins 3 ans de mariage ou de pacte civil de solidarité.

Son ancienne appellation de « pension de réversion » a été cause de nombreuses confusions. En effet, le montant de la pension d’un conjoint survivant n’est en rien proportionnel au montant de la pension d’invalidité de son conjoint décédé. Elle est fixée à un taux de base unique pour tous, variant seulement en fonction du grade du conjoint dans le cas d’un militaire.

La pension peut ensuite être complétée par des majorations et un supplément attribué en fonction de situations particulières. 

Le montant de la pension et des majorations figure sur le titre de pension en point d’indice. Pour connaître le montant total annuel en euros, il suffit d’ajouter l’ensemble des points d’indice et de multiplier le nombre de points d’indice obtenu par la valeur du point, actuellement 15,05 €. Le résultat devra être divisé par 12 pour obtenir le montant mensuel.

 

Pension de base :

Son montant est fixé pour un soldat ou une victime civile, à 500 points d’indice.

Il évolue en fonction du grade. Par exemple : 534,5 pour un sergent, 580,4 pour un jeune lieutenant et jusqu’à, cas très rare, 1 079 pour un général de division.

Cette pension de base est complétée, sans condition, par une majoration uniforme de 15 points.

L’ensemble, pension de base et majoration uniforme, figure sur le bulletin de pension sous l’intitulé « Pension principale ». Rappelons que le bulletin de pension indique les montants de la pension et des majorations en euros et non pas en points d’indice.

 

Majoration spéciale (Article L.141-20) :

Cette majoration est versée au conjoint survivant d’un grand invalide de guerre qui bénéficiait de l’allocation pour tierce personne prévue à l’article L.133-1 (ex L.18) du CPMI-VG et qui a apporté des soins constants à son conjoint pendant au moins 5 années. Le montant de la majoration spéciale varie en fonction de la durée de mariage ou de pacte civil de solidarité et de soins donnés de manière constante postérieures à l’attribution de l’allocation pour tierce personne.

  • Au moins 5 ans : 150 points ;
  • Au moins 7 ans : 300 points ;
  • Au moins 10 ans : 500 points ;
  • Au moins 15 ans : 550 points ;
  • Au moins 20 ans : 600 points ;
  • Au moins 25 ans : 650 points.

Majoration de pension au conjoint de très grand invalide (Article L.141-21) :

Cette majoration est attribuée, sans condition d’année de durée de mariage, au conjoint survivant titulaire d’une pension dont le conjoint est décédé en jouissance d’une pension militaire d’invalidité égale ou supérieure à 6 000 points d’indice. Le montant annuel de cette majoration est de 360 points d’indice.

Supplément social (L.141-19) :

Le conjoint survivant, âgé d’au moins 50 ans et dont le revenu fiscal de référence est inférieur au seuil imposable, peut prétendre au versement d’un supplément social fixé à 167 points d’indice.

Accordé sous condition de ressources, ce supplément social ne figure pas sur le titre de pension délivré par le Service des Retraites de l’État mais apparaît sur le bulletin de pension.

La demande de ce supplément doit être effectuée auprès de l’organisme payeur de la pension dont les coordonnées figurent sur le bulletin de pension. Elle doit être accompagnée du dernier avis d’imposition.

Exemple pour un conjoint survivant d’un soldat marié pendant 35 ans :

  • Pension de base : 500 points
  • Majoration uniforme : 15 points

Soit pension principale : 515 points

  • Majoration spéciale (au moins 25 ans de mariage et de soins) : 650 points

Soit au total : 1 165 points correspondant actuellement à 1 461,10 € mensuels.

 

Si les conditions décrites ci-dessus sont remplies, la pension peut être complétée mensuellement de 204,45 € de supplément social et de 451,50 € de majoration pour conjoint de très grand invalide.

 

Conclusion :

La demande de pension de conjoint survivant est à adresser en utilisant le formulaire approprié au Service des Pensions et des Risques Professionnels (SPRP) à La Rochelle. Le secrétariat de la Fondation se tient à la disposition des conjoints survivants et de leur famille pour leur fournir les documents et les renseignements nécessaires, les accompagner dans les démarches auprès de l’administration et de s’assurer avec eux de l’attribution de l’intégralité des droits ouverts par le CPMI-VG.

 

ACTIONS DE LA FONDATION

Don d’équipements :

Hôpital d’Instruction des Armées Clermont-Tonnerre de Brest

Le topographe Atlas 9000, don de la Fondation, commandé en juillet 2021 pour un montant de 17 337 €, a enfin pu être livré en avril 2022 au service d’ophtalmologie du Médecin en Chef Morgane VANIMSCHOTT.

Hôpital d’Instruction des Armées Sainte Anne de TOULON

Pour aider le service d’ophtalmologie de l’HIA Sainte Anne de Toulon à faire face à un plateau technique vieillissant, La Fondation des Aveugles de Guerre a répondu favorablement à la demande du Médecin en Chef EL CHEHAB Hussam et fait don de deux matériels, un tonoref III et un réfracteur automatique, pour un montant de 31 430 €.  Ces appareils performants permettent une meilleure précision dans l’exploration de la réfraction des patients, étape initiale et indispensable à leur prise en charge. Les patients du service sont en priorité les personnels militaires, leur famille mais aussi la population varoise.

Les équipements, livrés en mai, sont maintenant opérationnel.

A l’invitation des Médecins-Chefs directeurs des HIA, le président Pierre Tricot se rendra à Brest et Toulon à la rentrée pour visiter les services et officialiser la remise de ces équipements.

 

REPORTAGE PHOTOS RETROUVAILLES LYON 2022

 

de gauche à droite Melchior de Fournoux la Chaze, Caroline Tricot, Joséphine Jousselin,

Lucia et Nenad Antonic, Pierre Tricot, Delphine de Fournoux la Chaze et sa fille Célestine

de gauche à droite : André Casquet, Richard Pernod, Christian et Geneviève Collinet,

André Joudrain, Dominique Pernod, Jocelyne Casquet

 

de gauche à droite : Rose Kauff, Joséphine Roehrig, Emmanuel et Carine Gempp, Pierre Depardieu, Albert Gesta, Claude et Krystina Cavaillier

 

de gauche à droite : Hélène de Sainte Marie, Danielle Nicolas, Jean-Marc Jégu, Marcelle Jégu,

Zohra Taïar, Pascal Clet, Rolande Ott, Eliane Bonimond

 

plan de la ville de Lyon - basilique Notre Dame de Fourvière - Joséphine Roehrig