Lettre de liaison FAG n°8 - 11.2018

Cher camarade,

Madame, Monsieur,

Après ces mois d’été, pendant lesquels j’espère que chacun a pu profiter de l’ensoleillement exceptionnel sans trop souffrir de la chaleur, les premières semaines de la rentrée ont été consacrées à 

la préparation de la célébration du centenaire de la création de l’Union des Aveugles de Guerre. 

Comme cela avait été indiqué dans la lettre de liaison n°7, cette commémoration aura lieu à Paris le samedi 8 décembre.

Nous comprenons que l’état de santé et l’éloignement constituent des obstacles à la participation de nombre d’entre vous et savons que vous serez à nos côtés par la pensée en ce jour où nous rendrons hommage à tous les aveugles de guerre. Nous nous réjouissons qu’un nombre important d’enfants et de petits- enfants de camarades ait répondu favorablement à l’invitation de la Fondation et se joigne aux camarades et aux veuves présents. A ce jour, 65 participants sont inscrits pour le déjeuner des Retrouvailles du samedi et plus d’une centaine assisteront dans l’après-midi à la messe et au concert donné par la chorale franco-allemande de Paris. La direction de cet ensemble composé d’une cinquantaine de choristes amateurs est assurée par Thomas Carré, fils, petit-fils et arrière-petit-fils d’aveugle de guerre, tout un symbole !

Cette année se termine sur une bonne nouvelle. Nous avons appris que le point d’indice de la pension militaire d’invalidité allait bénéficier d’une revalorisation avec effet rétroactif au 01janvier 2017. (Voir article dans la lettre).

Le conseil d’administration de la Fondation a décidé, en sa séance du 13 novembre, de porter le montant de l’allocation décès versée au conjoint survivant d’un aveugle de guerre à 1 500 €.

L’envoi traditionnel de la boîte de chocolats aux veuves sera reconduit et réalisé dans la première semaine de décembre. Nous rappelons qu’il est nécessaire d’en accuser réception par un appel téléphonique ou un petit mot au secrétariat afin que nous puissions nous assurer du bon acheminement des colis. Celles qui, l’année dernière, n’ont pas accusé réception ne seront pas concernées par l’envoi cette année car nous n’avons plus la certitude de l’exactitude de leur adresse. Si vous êtes dans ce cas, nous vous invitons à reprendre contact avec le secrétariat.

Pour ceux qui ont suivi les évolutions du code des Pensions Militaires d’Invalidité et des Victimes de Guerre, sachez que l’article 55 de la loi n°2018-607 du 13 juillet 2018 relative à la programmation militaire pour les années 2019 à 2025, a ratifié définitivement l’ordonnance qui avait autorisé le gouvernement à procéder à une refonte du code des PMI-VG. Celui-ci est donc maintenant totalement en vigueur dans ses parties législative et réglementaire.

L’article 51 de cette même loi établit la disparition des juridictions des pensions et le transfert, à partir du 1er  novembre 2019,  du contentieux en matière de PMI vers les juridictions administratives avec la création d’un Recours Administratif Préalable Obligatoire (RAPO). Nous reviendrons sur ce sujet dans une prochaine lettre.

En me réjouissant à l’avance de retrouver certaines et certains d’entre vous dans quelques jours pour célébrer comme il se doit un siècle d’histoire de France à travers celle des aveugles de guerre, je vous souhaite une bonne lecture de cette lettre et vous assure de mes chaleureuses pensées et de mes sentiments dévoués.

Pierre Tricot

Président

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Etat civil

Naissance

Victor LAVIGNE, 6ème petit-enfant de Monsieur Jean-Noël LAVIGNE, administrateur trésorier de la Fondation des Aveugles de Guerre, et Madame, le 25 août 2018.

Mariage 

Delphine, fille de notre  président Pierre TRICOT et Madame, avec Monsieur Melchior de FOURNOUX de la CHAZE, le 1er septembre 2018.

Décès

Notre camarade Etienne TRUQUIN, décédé en septembre 2017, à l’âge de 96 ans.

Notre camarade Jean-Jacques SUFFERT, décédé le 21 novembre 2017, à l’âge de 95 ans et son épouse, décédée le 24 novembre 2017, à l’âge de 86 ans.

Madame veuve Suzanne MULLER, décédée en 2018, dans sa 106ème année.

Notre camarade Emile REGNAULT, décédé le 1er juin 2018, à l’âge de 87 ans.

Madame veuve Mauricette BOUTES, décédée le 29 juin 2018, à l’âge de 90 ans.

Madame veuve Marthe SCHOTT, décédée le 30 juin 2018, à l’âge de 90 ans.

Madame veuve Marcelle TONON, décédée le 10 août 2018, à l’âge de 89 ans.

Madame veuve Léontine FLECK, décédée le 23 août 2018, à l’âge de 89 ans.

Madame veuve Odette CUNY, décédée le 21 septembre 2018, à l’âge de 93 ans.

Notre camarade, Marie-Françoise LAFONTAINE, décédée le 7 octobre 2018, à l’âge de 94 ans.

Madame Marie-Jeanne MESSAGER, décédée le 19 novembre 2018, à l’âge de 92 ans.

Madame Jeannette PILLION, secrétaire de l’Union des Aveugles de Guerre de 1976 à 1989, décédée le 28/12/2017, dans sa 94ème année.

 

In Memoriam

 

Nous avons appris en juin le décès de notre camarade Etienne TRUQUIN survenu en septembre 2017 à l’âge de  96 ans.

Né le 28 juin 1921 à Combles (Somme), caporal au 43ème RIC, il est blessé en service commandé le 28 avril 1945 à Vintimille (Italie) par l’explosion d’une mine.

Titulaire de la croix du combattant volontaire et d’une citation à l'ordre du régiment, il est admis à l'UAG en 1946.

Comptable avant sa blessure, il obtient un diplôme de masseur kinésithérapeute et exerce cette profession pendant 30 ans jusqu’à sa retraite en 1978.

Engagé dans la vie associative, a été, pendant 25 ans, président d’un club sportif de judo.

Marié en avril 1948 à Angèle Taulaigo, il était veuf et  père d’un enfant.

 

Nous avons appris début juillet le décès de notre camarade Jean-Jacques SUFFERT survenu le 21 novembre 2017 à l’âge de 95 ans.

Né le 17 septembre 1922 à Mulhouse (68), il est blessé le 23 août 1940 à Mulhouse par l’explosion d'un engin. Victime civile de guerre, il est admis à l’UAG en février 1971.

Titulaire d’un baccalauréat math-élem obtenu en 1940 avant sa blessure, il a poursuivi ses études à l'Université de Lyon où il obtient une licence d'allemand, une licence de droit et le Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat (CAPA).

Marié le 24 juin 1950 à Jaroslava DALIHODOVA, il était père de 4 enfants.

 

Notre camarade Émile REGNAULT est décédé le 1er juin 2018 dans sa 94ème année.
Né le 5 août 1924 à Ancteville (Manche), il est blessé le 18 octobre 1945 à Vesly (50) par l’explosion d'un engin. Cultivateur avant sa blessure, il a continué d'exercer cette profession jusqu’à sa retraite  en 1984.

Victime civile de guerre, il est admis à l'UAG en octobre 1974. Marié en septembre 1951 à Aline EVE, il était père de 2 enfants.

 

Notre camarade Marie-Françoise LAFONTAINE est décédée le 7 octobre 2018 à l'âge de 94 ans.

Née le 8 juin 1924 à Pont-à-Mousson (54), elle est blessée le 6 septembre 1944 dans sa ville natale par l’explosion d'une mine. Victime civile de guerre, elle est aveugle et amputée de la jambe gauche.

Coiffeuse avant sa blessure, elle est rééduquée en braille et dactylographie à l’UAG dont elle devient membre en octobre 1948.

Mariée en 1951, remariée à Stéphan NIZIOLEK en 2000. Elle était veuve depuis 2005.


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Revalorisation du point d’indice

Un arrêté en date du 5 novembre 2018 fixe des nouvelles valeurs du point d’indice de pension militaire d’invalidité au 1er janvier 2017 et au 1er avril 2017. Il s’agit d’une revalorisation qui prend en compte, avec effet rétroactif, la variation de l'indice d'ensemble des traitements bruts de la fonction publique de l'Etat constatée en 2017.

Ainsi, la valeur du point d'indice de PMI au 1er janvier 2017 est fixée à 14,42 €.

La valeur du point d'indice de PMI au 1er avril 2017 est fixée à 14,45 €.

L'arrêté du 1er août 2017 fixant la valeur du point d'indice de PMI à 14,40 € au 1er janvier 2017 est de ce fait abrogé.

En conséquence vous devriez constater sur un prochain bulletin de pension, un rattrapage du montant de celle-ci pour le premier trimestre de l’année 2017, le point d’indice passant de
14,40 à 14,42 € pour cette période, et une autre actualisation pour la période du 1er avril 2017 à aujourd’hui, soit 19 mois pendant lesquels le point d’indice passe de 14,40 à 14,45 €.

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Petit rappel sur le supplément social

L’article L. 141-19 du code des Pensions Militaires d’invalidité et des Victimes de Guerre (CPMI-VG) prévoit que :

« Le conjoint ou partenaire survivant dont le revenu imposable n'excède pas, par part, le plafond de non-imposition fixé au premier alinéa du 1 du I de l'article 197 du code général des impôts et qui est soit âgé d'au moins cinquante ans, soit infirme ou atteint d'une maladie incurable ou entraînant une incapacité permanente de travail, a droit à un supplément social de pension qui porte le montant de sa pension aux quatre tiers de la pension au taux normal. »

 

Le nombre de parts à prendre en compte pour le seuil de non-imposition est, pour une personne seule,  de une part pour un conjoint survivant âgé de moins de 74 ans et de une part et demi à partir de cet âge. L’indice de pension  au taux normal étant de 500 points, le montant du supplément social est de 167 Points ce qui correspond à un montant annuel de 2 413,15 €, soit 201,10 € par mois (Ces montants prennent en compte la valeur du point d’indice maintenant fixée à 14,45 €).

Toutefois, comme il résulte d’une situation sociale, la mention de ce supplément ne figure pas sur le titre de pension délivré lors de l’attribution de la pension. En revanche, il est mentionné sur le bulletin de pension. Rappelons que celui-ci  n’est plus envoyé que lorsqu’une modification est intervenue, le plus souvent suite à la prise en compte de l’augmentation de la valeur du point d’indice. Il peut arriver à certaines de constater, à la réception d’un nouveau bulletin de pension ou en consultant leur relevé de compte bancaire ou postal, une réduction du montant de leur pension. Cette diminution est pratiquement toujours due à l’interruption du versement du supplément social.

Il est alors nécessaire d’adresser un courrier au centre de gestion des retraites qui procède au paiement de la pension et  dont les coordonnées figurent sur le bulletin de pension. La demande d’attribution du supplément social devra être accompagnée d’une copie du dernier avis d’imposition envoyé par l’administration fiscale ou disponible dans l’espace personnel sur le site Internet www.impots.gouv.fr. Il sera alors nécessaire de l’imprimer dans sa version intégrale pour le joindre au courrier.

Cependant, pour éviter un risque d’interruption du versement du supplément social, nous invitons celles qui le perçoivent, à adresser chaque année leur avis d’imposition à leur centre de gestion des retraites dont elles dépendent. Enfin, celles qui ne perçoivent pas ce supplément alors que les conditions d’âge et de ressources le leur permettraient, doivent adresser un courrier au centre de gestion avec copie du bulletin de pension et avis d’imposition.

Pour des informations complémentaires, contactez le secrétariat de la Fondation.

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Actions de soutien de la Fondation au second semestre 2018

Juin             : Remise officielle d’un échographe oculaire au service d’ophtalmologie de l’Hôpital d’Instruction des Armées Sainte-Anne de Toulon (28 000 €).

 

Le président, Pierre Tricot, au côté du MGI Yves Auroy, directeur, et du MC Pierre-Yves Quiniou, chef de service de l’HIA

 

Octobre       : Versement de la seconde partie de la bourse de recherche au docteur Damien Guindolet (12 500 €).

Septembre    : Convention avec l’Ecole de Chiens Guides d’aveugles du Sud-Ouest pour le soutien à l’éducation d’un chien guide (20 000 €).

Octobre       : Versement de la seconde partie du soutien à EDRlab pour le développement du livre numérique accessible (9 000 €).

Novembre   : Présentation par le docteur Juliette Duffault-Duquesne, lauréate de la bourse 2018, de son projet de recherche sur le glaucome et versement de la première partie du montant de la bourse (15 000 €).

De gauche à droite : Marie Larroumet, administratrice, docteur Juliette Buffault Duquesne, lauréate de la bourse 2018, Pierre Tricot

Les fonds ayant permis le financement de ces actions, pour un montant cumulé de 84 500 € pour le second semestre 2018, proviennent des intérêts produits par le placement du patrimoine transmis par l’UAG à la Fondation auxquels s’ajoutent les dons reçus.

Ainsi, toutes ces actions, réalisées conformément aux buts fixés à la Fondation au moment de sa création, constituent l’expression concrète de l’héritage moral et matériel légué par les aveugles de guerre.

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Une rue Odette PILPOUL

Nous avons appris dernièrement que le conseil municipal de la ville de Bordeaux avait décidé à l’unanimité, dans sa séance du 30 mars 2015, de donner le nom d’Odette Pilpoul à une rue nouvelle de la commune.

Devenue aveugle avec l’âge des suites des mauvais traitements subis en déportation, Mme Odette Pilpoul était membre de l’UAG depuis 1997 et mère de notre camarade Jean-Marc Pilpoul, lui-même devenu aveugle de guerre en 1958 après une blessure reçue en service.

Odette Pilpoul, née à Bordeaux le 11 mars 1906,  avait été arrêtée par la gestapo pour faits de résistance et déportée à Ravensbrück et Buchenwald.  A son retour en France, elle avait été décorée de la croix de guerre avec palme et était officier de la Résistance.  En 2002, elle avait été nommée « Juste parmi les Nations » et promue Officier de la Légion d’honneur à titre militaire, peu de temps avant son décès survenu en février 2004.

L’aménagement du quartier de Bordeaux dans lequel doit être tracée la future rue Odette Pilpoul est en cours et la date de l’inauguration de cette nouvelle voie  n’est pas encore fixée. Mise au courant de la situation par la Fondation, Mme Xavière Truffot, notaire à Bordeaux et fille de notre camarade Gilbert Truffot, a gentiment accepté de suivre pour nous ce dossier et de nous tenir régulièrement informer de son avancement. Nous l’en remercions.

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Un tandem aux couleurs de la Fondation sur les routes de Touraine

par Albert Gesta, aveugle de guerre.

Pierre Tricot m'appelle un jour pour m'informer d'un projet du comité de Tours de l'Association Valentin Haüy, qui propose à des personnes déficientes visuelles de venir découvrir les charmes de la Touraine en tandem pendant une semaine. Chaque tandem étant parrainé par un partenaire, Pierre m'a proposé, connaissant mon intérêt pour la pratique du tandem, de m'engager sous les couleurs de la Fondation des aveugles de guerre. Alléchante proposition que j'ai aussitôt acceptée.

Me voilà donc parti sur mon tandem, paré du logo de la Fondation pour, du 03 au 09 septembre, aller à la rencontre en compagnie de Rémi Deheppe, pilote de tandem de l'AVH de Toulouse, des richesses touristiques et gastronomiques d’une  partie du département d’Indre-et-Loire.

Au programme, 7 circuits en étoile au départ de Tauxigny, commune située à une vingtaine de kilomètres au sud de Tours. En une semaine,  nous avons ainsi parcourru 477 kilomètres, avec 2 000 mètres de dénivelé, dans les vallées de l'Indre, du Cher et de la Loire, une région agricole, hélas pas viticole, donc pas de Vouvray. De grands champs de maïs, colza, sorgho, tournesol et osier car on y pratique beaucoup la vannerie. Chaque journée était émaillée de visites intéressantes et enrichissantes grâce à des guides très compétents.

Nous avons ainsi pu découvrir le château d'Azay le Rideau, les villes d’Amboise  et de Loches, le musée du souvenir de la « Ville martyre » de Maillé en Touraine, la Maison « Balzac » à Saché, la vallée troglodytique des Goupillières et la cathédrale de Tours. 

Pour la gastronomie, visites suivie d’une dégustation de la maison de la poire tapée à   Rivarennes, d’une Cave à Montlouis-sur-Loire, d’une confiserie à Loches et  d’une fromagerie à Sainte-Maure de Touraine.

Le vendredi soir, les tandémistes ont été rejoints par les représentants des parrains, dont Pierre Tricot et son épouse Caroline, pour partager un « dîner dans le noir » et assister à une Conférence au Planétarium suivie d’une veillée à l'Observatoire Astronomique de Touraine à Tauxigny.

Merci Pierre, de m'avoir permis de vivre cette semaine dans une ambiance d'amitié et de solidarité. Merci également à la Fondation pour son soutien.

Albert Gesta

Félicitations à notre camarade Albert Gesta pour avoir porté haut les couleurs de la Fondation des Aveugles de Guerre. Il a impressionné l’ensemble des participants, les années,  82 au compteur, n’ayant entamé en rien son dynamisme et sa détermination. Un bel exemple que la Fondation a été fière et heureuse de soutenir !

Au centre de la photo, tenant la selle de son tandem portant le logo de la Fondation, Albert Gesta en compagnie de son pilote.