Lettre de liaison FAG N°6

Cher camarade,

Madame, Monsieur,

Puisqu’au moment où je rédige ces quelques lignes, la période des vœux n’est pas encore close,

permettez-moi de présenter à chacune et à chacun d’entre vous, mes sincères et chaleureux vœux de bonne santé, de joies familiales et de bonheurs quotidiens à partager avec tous ceux qui vous sont chers.En 2017, nous avons eu à déplorer le décès de 6 camarades et 13 veuves ou épouses. Je souhaite adresser une pensée toute particulière à tous ceux qui ont été éprouvés par la disparition d’un proche ou sont confrontés à la maladie ou la solitude. Qu’ils reçoivent ici le témoignage de notre compassion et soient assurés du soutien de la Fondation en cas de besoin.

 

Comme depuis plusieurs années, une centaine de ballotins de chocolats ont été envoyés aux veuves de nos camarades au début du mois de décembre. Merci beaucoup Mesdames pour vos petits mots ou vos appels téléphoniques au secrétariat de la Fondation pour en accuser réception et faire part de votre reconnaissance.

 

Cependant, nous constatons, à l’occasion de l’envoi de ces étrennes ou des lettres de liaison, que des camarades et des veuves ont changé de domicile sans que le secrétariat en ait été averti. Nous vous invitons à penser à nous communiquer vos nouvelles coordonnées ainsi que celles de l’un de vos proches que nous pourrions également contacter si nécessaire.  Il est important que l’annuaire de la Fondation soit à jour pour que le lien, entretenu notamment par la lettre de liaison, ne soit pas interrompu.

 

En ce qui concerne le droit à réparation, l’année 2017 se caractérise par une « petite » hausse de la valeur du point d’indice et une augmentation de 4 points de l’indice de la retraite du combattant. L’année 2018 commence avec l’entrée en vigueur d’une mesure visant à aligner toutes les pensions d’invalidité au taux du grade. Cette disposition devrait concerner une vingtaine de camarades et une trentaine de veuves (voir article dans la lettre). Malheureusement, la loi de finances pour 2018 ne prévoit aucune autre mesure au profit des conjoints survivants. L’amélioration de leur situation ainsi qu’une nette revalorisation du point d’indice de la pension militaire d’invalidité feront l’objet, en 2018, de nouvelles propositions du Comité d’Entente des Grands Invalides de Guerre. Nous n’oublierons pas également de “remettre sur la table” l’attribution du différentiel de 39 points de l’allocation spéciale n° 11 attribuée aux aveugles de guerre.

 

Parallèlement à ses actions de soutien à la recherche médicale en ophtalmologie et aux structures méritantes oeuvrant au bénéfice des aveugles, la Fondation poursuit les missions sociales de l’UAG en apportant aide et assistance aux aveugles de guerre et à leur famille.

 

Aussi, je souhaiterais exprimer ma profonde gratitude aux  camarades et aux veuves qui ont manifesté, par un don ou une renonciation à des remboursements de frais, leur intérêt et leur reconnaissance pour l’implication de la Fondation dans la défense de leurs droits.

 

Je n’oublie pas dans ces remerciements les autres généreux donateurs, dont plusieurs enfants d’aveugle de guerre,  ainsi que nos camarades de l’Union des Blessés de la Face et de la Tête pour leur soutien financier reconduit pour l’année 2018.

 

 

En conclusion, je rappellerai que la traditionnelle réunion des Retrouvailles sera organisée à Paris en fin d’année 2018, en même temps que la célébration du centenaire de la création de l’Union des Aveugles de Guerre. Le dossier vous sera adressé avant l’été. Si vous pensez que vos enfants ou petits-enfants seraient intéressés de participer à cette commémoration, merci de transmettre leurs coordonnées au secrétariat de la Fondation.

En vous renouvelant mes vœux les meilleurs pour cette nouvelle année, je vous assure de mon sincère et fidèle dévouement.

Pierre Tricot

Président

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In Mémoriam

 

Notre camarade Camille MAYOLI est décédé le 28 octobre 2017 à l’âge de 82 ans.

Né le 9 juin 1935 à Saint-Etienne-de-Cuines (Savoie), il est blessé le 9 juillet 1945 par l’explosion d’un engin à Le Giffre-par-Saint-Geoire en Faucigny (Savoie).

Jeune victime civile de guerre, élève de l’Ecole des Jeunes Aveugles de Lyon, il est admis à l’UAG en 1957.

Marié à Yvonne PINGET en 1956, il était père de 2 enfants.

 

Notre camarade Maurice NOIROT est décédé le 5 décembre 2017 dans sa 96ème année.

Né le 8 janvier 1922 à Noyers (Haute-Marne), jeune résistant engagé volontaire au 21ème R.I.C, il est blessé par éclats de grenade le 5 février 1945 à Ensisheim lors des combats de la poche de Colmar. 

Décoré de la Croix de guerre avec 2 citations, titulaire de la  Médaille militaire, Officier de la Légion d’Honneur et Commandeur de l’Ordre National du Mérite.

Admis à l’UAG en 1946

A exercé la profession de commerçant (négociant en vins fins) de 1950 à 1972 puis représentant jusqu’en 1981.

Fondateur du comité départemental du Souvenir Français des Pyrénées-Atlantiques dont il assure la présidence de 1983 à 1998 puis de 2005 à 2008.

Marié le 7 septembre 1957  à Jacqueline LANGLAIS, il était père de 3 enfants.

 

Notre camarade Gilbert JOUSSELIN est décédé le 8 décembre 2017 à l’âge de 85 ans.

Né le 26 juin 1932 à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), jeune victime civile de guerre, il est blessé le
27 mai 1947 par l’explosion d’une mine à Courseulles-sur-Mer (Calvados).

Blessé aux yeux et à la face, il suit une formation d’opticien et exerce, après l’obtention de son diplôme en 1964, sa profession à Perpignan pour se consacrer par la suite à la formation auprès du public et des écoles d’infirmières en étant responsable de la campagne « Au volant, la vue c’est la vie ». Il prend sa retraite en 1992.

Devenu totalement aveugle par aggravation en 1997, il est admis à l’UAG en 1998.

Marié le 10 janvier 1961 à Joséphine BIOSCA, il était père de 2 enfants.

 

Madame Lucienne JOLY, veuve de notre camarade Gaston, le 8 octobre 2017, à l’âge de 96 ans.

Madame Céline LEMOINE, veuve de notre camarade André, le 4 décembre 2017, à l’âge de 95 ans.

Madame Jacqueline GUINET, veuve de notre camarade Jean, le 31 août 2017, à l’âge de 95 ans.

Madame  Marie-Thérèse BORDENEUVE, veuve de notre camarade André, en février 2017, à l’âge de 90 ans.

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Etat civil

Naissance

Luce, 2ème arrière-petite-fille de notre camarade Roland OTT, le 27 novembre 2017.

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Un aveugle de guerre centenaire

Doyen des aveugles de guerre, notre camarade Henri DIAZ fêtera son 101ème anniversaire le 22 avril 2018.

Né en 1917  à Vierzon (département du Cher) au sein d’une famille originaire de Guadalajara en Espagne et arrivée en France durant la Grande Guerre, M. DIAZ travaille très tôt dans une manufacture de batteuses puis chez un marchand de bois. Passionné de vélo, il a été vice-champion du Cher de cyclo-cross.

Membre dès ses 16 ans des jeunesses communistes, il s’engage en septembre 1936 dans les brigades internationales pour participer à la guerre d’Espagne dans le camp républicain au côté de son père âgé alors de 55 ans. Il est blessé 2 fois, au pied et à l’épaule, survit aux bombardements et aux combats au corps à corps. Encerclé près de Valence, il est évacué sur le contre-torpilleur « Le Foudroyant » et débarque à Toulon en mars 1939.

Mobilisé en 1939 au  95ème de ligne à Bourges, il rejoint le 105ème régiment d’artillerie qui combat dans les Vosges. Il est fait prisonnier par les allemands le 22 juin 1940 dans la région d’Epinal. Réquisitionné pendant sa captivité, il travaille devant des fours sans la protection de lunettes, exposant ses yeux à de très hautes températures. Après deux tentatives infructueuses, il parvient à s’évader en février 1942 avec 2 autres compagnons alors que la température extérieure atteint les – 20 degrés. Aidé par un cheminot, il revient à Bourges où il trouve un emploi à la Compagnie des pétroles avec toujours à l’esprit de "faire quelque chose contre l’occupant".

Avec 7 camarades, dont le colonel HUBERT, il fonde un maquis dès le 10 novembre 1942, date à laquelle les allemands envahissent la zone libre.  Henri DIAZ devient le commandant BERTRAND des FTP (Francs-Tireurs et Partisans), chef du maquis « du Maupioux »  pour le Cher-Nord tandis qu’HUBERT commande pour la région de Saint-Amand. « Deux années de clandestinité, de vie au jour le jour, par les routes, à vélo, de planque en planque, la faim et l’angoisse au ventre à ne pouvoir compter que sur soi-même pour armer ceux qui n’avaient rien ». En 1944, ce maquis comptera quelque 200 combattants qui participeront à la libération du département. Son action lui vaudra la confirmation du grade de capitaine,  l’attribution de la Croix de Guerre avec 2 citations puis la décoration de la Croix de Chevalier de la Légion d’Honneur en 1958.

Malheureusement, au cours de ces années l’état de ses yeux s’est aggravé entraînant une cécité constatée et reconnue en 1955, année de son admission à l’UAG.  Devenu aveugle, il entame une formation de masseur kinésithérapeute, profession qu’il exercera, après obtention de son diplôme en 1958, jusqu’en juillet 1982.

Veuf de Micheline LEPAIN, jeune résistante décorée de la Croix de Guerre, décédée en 1973, il est marié à Bernadette JOUANNY depuis 1979.

Henry DIAZ a écrit ses mémoires intitulées « Les sentiers de la liberté ». Edition "Le Temps des cerises" 1999, réédité en 2015.

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La commission des secours et des prestations complémentaires (CSPC)

 

L’objectif de cette commission est d’améliorer, pour les infirmités pensionnées, la prise en charge de certains soins ou prestations, partiellement remboursés aujourd’hui au titre des prestations légales ou non remboursables à ce même titre.

Aussi, en cas d’achat ou de renouvellement d’appareils auditifs ou de matériels électroniques (lecteur CD, lecteur enregistreur numérique, logiciel de revue d’écran pour ordinateur, canne électronique,…), pensez à la possibilité de solliciter un financement auprès de la Commission des secours et des prestations complémentaires.

Le formulaire de demande peut être obtenu par téléchargement sur le site internet de la Caisse Nationale Militaire de Sécurité Sociale (CNMSS), espace « je suis ancien combattant », rubrique « secours et prestations complémentaires » ou peut être demandé par téléphone au Département des soins du Blessé et du Pensionné (DSBP) de la CNMSS (tél. : 04 94 16 96 20) ou être sollicité auprès des services départementaux de l’ONACCVG.

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Alignement des pensions militaires d’invalidité au taux du grade

 

L’article 125 de la loi n° 2017-1837 du 30 décembre 2017 de finances pour 2018 prévoit, à compter du 1er janvier 2018, l’alignement des pensions militaires d’invalidité en révisant au taux du grade les pensions versées au taux du soldat.

Cette disposition vise à mettre fin à une inégalité de traitement entre les titulaires d’une pension militaire d’invalidité.

En effet, la loi de finances rectificative du 31 juillet 1962 a introduit, à compter de cette date, la possibilité de cumuler une pension de retraite et une pension d'invalidité au taux du grade. Or, cette mesure n’étant pas rétroactive, certains titulaires ou ayants cause n’ont pu bénéficier du cumul d’une pension de retraite avec une pension militaire d’invalidité établie au taux du grade. Le régime antérieur permettait exclusivement, en cas de cumul, l’établissement de la pension d’invalidité au taux du soldat.

 

Article 125

A compter du 1er janvier 2018, sont calculées sur la base du dernier grade détenu par les ayants droit les pensions militaires d'invalidité :

1° Des militaires radiés des cadres ou rayés des contrôles avant l'entrée en vigueur de la loi de finances rectificative pour 1962 (n° 62-873 du 31 juillet 1962) ;

2° Des ayants cause des militaires mentionnés au 1° ou décédés avant l'entrée en vigueur de la loi de finances rectificative pour 1962 (n° 62-873 du 31 juillet 1962).

Le guide barème annexé au code des Pensions Militaires d’Invalidité et des Victimes de Guerre (CPMI-VG) fixe, pour chaque grade, l’indice de la pension d’invalidité en fonction du pourcentage d’invalidité. Ainsi pour un taux de 100%, l’indice de la pension principale au taux du soldat est de 372 points.

Un tableau de ce même guide barème présente l’indice de la pension de base du conjoint survivant en fonction du grade du conjoint militaire. La pension est de 500 points d’indice pour le conjoint survivant d’un militaire décédé en jouissance d’une pension à 100% au taux du soldat. 

Aussi, tous les camarades radiés des cadres ou rayés des contrôles des suites de leurs blessures avant le 1er août 1962 et détenteurs d’un grade sont invités à vérifier, sur leur titre de pension militaire d’invalidité, le grade qui y figure ainsi que la valeur de l’indice de la partie principale. Si elle est de 372, vous êtes concerné par cette mesure de révision de votre pension au taux du grade.

De même, le conjoint survivant d’un aveugle de guerre détenteur d’un grade, radié des cadres ou rayé des contrôles avant le 1er août 1962, dont le titre de pension indique un indice de seulement 500 points est également concerné. Attention, il ne faut regarder que l’indice de la pension de base, hors majorations uniforme et spéciale.

Si vous estimez être bénéficiaire de cette disposition de l’article 125  de la loi de finances pour 2018, vous devez adresser une demande de révision au taux du grade de votre pension militaire d’invalidité ou, pour les veuves,  de votre pension de conjoint survivant de grand invalide de guerre. Ce courrier, accompagné de votre titre de pension, de celui du conjoint décédé (à défaut, des renseignements d’état civil le concernant) ainsi que d’un justificatif du grade détenu au moment de la blessure ou de la réforme doit être adressé, avec accusé de réception, à la Sous-Direction des Pensions du Ministère de la Défense, 5 place de Verdun - BP 60000 - 17016 La Rochelle cedex 1.

Il est important d’envoyer ce courrier rapidement, car c’est la date de réception de la demande qui tiendra lieu de date d’entrée en jouissance de la pension révisée.

Le secrétariat de la Fondation se tient à votre disposition pour étudier votre situation particulière et vous accompagner si nécessaire dans les démarches à effectuer auprès de la Sous-Direction des Pensions.

 

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Subvention pour l’éducation d’un chien guide d’aveugle

 

Pour 2017, la Fondation a décidé de renouveler son soutien à l'Ecole de formation de Chiens Guides de Toulouse (Association Chiens Guides d'Aveugles Grand-Sud-Ouest).

 

Ainsi, la Fondation a assuré le parrainage de Libron, labrador sable mâle, âgé de deux ans qui a été remis gratuitement en  juillet 2017 à Madame Cathy Cavaillès, personne non voyante habitant en Ariège.

 

Photo durant la remise de Libron. De gauche à droite : Cathy Cavaillès en rouge avec Libron assis à ses pieds. A côté d’elle, Marie Mauffret, la famille d’accueil de Libron.

Durant 6 mois  en famille d'accueil, Libron a appris les règles d’obéissance de base et s'est familiarisé, dans le calme et sans crainte,  à ses futurs environnements de vie : magasin, transport, escalator, plage.

Aujourd’hui, après 2 années d'éducation, Libron sait réagir à une cinquantaine de situations comme éviter des obstacles en hauteur ou au sol, chercher les passages piétons, indiquer les poignées de portes ou les rampes d’escalier. Il contribue ainsi à maintenir l'autonomie et la sécurité des déplacements de sa maîtresse.

Grâce au soutien de ses donateurs, La Fondation des Aveugles de Guerre est heureuse et fière d’être un maillon de la grande chaîne de solidarité autour du chien guide d’aveugle.

En 2017, l’Ecole de Chiens Guides d’Aveugles de Toulouse a remis gratuitement 20 chiens guides. 206 chiens guides ont été remis depuis 1999.

Remise de Libron. De gauche à droite : Cathy Cavaillès en rouge avec Libron, assis à ses pieds. A côté d'elle, Marie Mauffret, la famille d'accueil de Libron.

 

 

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